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Points clés à retenir
- Filtration défaillante = cause de 80 % des eaux vertes
- Bicarbonate 80-100 g/m³ et vinaigre 100 ml/m³ équilibrent, sans remplacer le choc
- Vérifier TAC (80-200 ppm) et pH (7,0-7,4) avant tout traitement
- Filtration 24 à 72h en continu après traitement choc
- Floculant en complément pour accélérer la clarification
Pourquoi l’eau de piscine devient verte
Sur le terrain, on voit vite que l’eau de piscine verte n’a presque jamais une seule cause. C’est souvent la conjonction de deux ou trois facteurs qui se cumulent sur quelques jours d’inattention.
La première cause, c’est la prolifération d’algues liée à un déséquilibre chimique. Dès que le désinfectant baisse sous le seuil actif, les spores d’algues en suspension trouvent un terrain favorable et colonisent l’eau en quelques heures.
La deuxième cause est plus discrète, mais elle revient tout le temps dans mes diagnostics : une filtration défaillante ou insuffisante. Selon les professionnels du secteur, elle est en cause dans 80 % des cas d’eau verte. Un filtre encrassé ou un temps de filtration trop court laisse les particules et les algues stagner au lieu d’être évacuées.
Troisième piste, moins connue des particuliers : la présence de métaux dissous, cuivre ou fer, qui s’oxydent au contact du soleil et du chlore. C’est ce qui donne parfois cette teinte verte ou brunâtre même quand le taux de désinfectant semble correct.
Enfin, la cause la plus classique reste le manque de désinfectant — chlore ou brome — ou un pH mal réglé. Un pH trop élevé neutralise en grande partie l’efficacité du chlore, même si la dose ajoutée paraît suffisante sur le papier.
Les remèdes de grand-mère efficaces contre l’eau verte
C’est une erreur classique que je rencontre souvent : penser que le bicarbonate de soude ou le vinaigre blanc vont à eux seuls faire disparaître une eau verte. Ces remèdes agissent en réalité sur l’équilibre de l’eau, pas directement sur les algues.
Le bicarbonate de soude se dose à raison de 80 à 100 g par mètre cube d’eau. Il régule le TAC et fait remonter doucement le pH, ce qui recrée un environnement où le chlore redevient efficace. C’est un correcteur d’équilibre, pas un algicide.
Le vinaigre blanc, à raison de 100 ml par mètre cube, a une légère action naturelle contre le développement des algues grâce à son acidité. J’ai testé les deux méthodes, voilà ce que j’en pense : le vinaigre agit surtout en prévention, il ne rattrape pas une eau déjà bien verte.
Le sel, utilisé à partir de 300 g par mètre cube, a un effet assainissant modéré. Il est surtout pertinent sur les piscines équipées d’un électrolyseur au sel, où il alimente directement le système de production de chlore naturel.
Ce que ces trois remèdes peuvent faire : stabiliser l’eau, limiter la repousse des algues, préparer le terrain pour un traitement plus fort. Ce qu’ils ne peuvent pas faire : remplacer un traitement choc sur une eau déjà envahie. Le bon outil, au bon moment — ça change tout, et sur une eau bien verte, ces remèdes seuls ne suffisent jamais.
Vérifier et équilibrer les paramètres de l’eau avant tout traitement
Un chantier bien préparé, c’est la moitié du travail, et pour l’eau de piscine c’est exactement pareil. Avant de traiter quoi que ce soit, je commence toujours par mesurer trois paramètres.
Le TAC, ou alcalinité
Le TAC mesure la capacité de l’eau à stabiliser son pH. Sa plage cible se situe entre 80 et 200 ppm. Un TAC trop bas rend le pH instable, et tous vos réglages partent en vrille au bout de deux jours.
Le pH
Le pH doit rester entre 7,0 et 7,4 pour un traitement au chlore, et légèrement plus haut, entre 7,4 et 7,6, pour un traitement au brome. Un pH mal réglé, c’est le détail qui fait la différence : il peut annuler jusqu’à la moitié de l’efficacité de votre chlore.
Le TH, ou dureté de l’eau
Le TH correspond à la teneur en calcaire dissous. Sa plage cible tourne entre 100 et 250 ppm. Une eau trop dure favorise le dépôt de tartre sur les parois, une eau trop douce devient agressive pour les équipements.
Le traitement choc, l’étape indispensable en complément
Une fois l’eau équilibrée, le traitement choc reste l’étape que rien ne remplace face à une eau franchement verte. Les remèdes naturels préparent le terrain, mais c’est le chlore ou le brome concentré qui élimine les algues en place.
Je conseille toujours de choisir un produit choc cohérent avec votre désinfectant habituel. Mélanger chlore et brome dans une même piscine crée des réactions imprévisibles et abîme parfois le revêtement.
Le dosage recommandé varie selon les fabricants, mais on tourne généralement autour d’1 litre pour 100 m³ pour un algicide concentré, à laisser agir 6 à 12 heures sans baignade. Sur un volume de piscine standard, ça reste une opération rapide à faire un soir et à contrôler le lendemain matin.
Surveillez la couleur de l’eau pendant cette phase. Elle passe souvent par un vert plus trouble avant de s’éclaircir, c’est normal : ce sont les algues mortes en suspension qui remontent avant d’être filtrées ou floculées.
Nettoyer le bassin et la filtration pour éliminer les algues mortes
Le traitement choc tue les algues, mais elles ne disparaissent pas toutes seules. Il faut les décoller physiquement, sinon elles redémarrent depuis les recoins du bassin dans les jours qui suivent.
Brossez les parois et le fond avant le traitement choc pour décoller les algues fixées, puis à nouveau après, une fois qu’elles sont mortes et détachées. C’est un geste simple, mais c’est souvent celui qu’on néglige, alors qu’il change tout sur la durée du résultat.
Nettoyez ensuite les skimmers et leurs paniers, qui se bouchent vite pendant un épisode d’eau verte. Un panier plein réduit le débit d’aspiration et ralentit tout le processus de nettoyage.
Terminez par le lavage du filtre, à sable ou à cartouche. Un filtre à sable se rince en position backwash jusqu’à ce que l’eau évacuée redevienne claire ; une cartouche se démonte et se rince au jet, voire se trempe dans un produit dégraissant si elle est très encrassée.
Faire tourner la filtration en continu, l’étape la plus négligée
Sur le terrain, on voit vite que c’est cette étape-là qui fait échouer la plupart des traitements. Les gens dosent bien leurs produits, mais coupent la filtration la nuit par habitude, et l’eau ne se clarifie jamais complètement.
Après un traitement contre l’eau verte, il faut faire tourner la filtration en continu pendant 24 à 72 heures, selon l’ampleur de l’infestation et la puissance de votre pompe. Sur une eau très verte, je pousse toujours vers les 72 heures plutôt que le minimum.
Une filtration mal réglée annule concrètement l’effet des remèdes naturels et même du traitement choc : le bicarbonate rééquilibre l’eau, le chlore tue les algues, mais si rien ne circule, les résidus stagnent et l’eau retrouve son voile verdâtre en deux jours.
Utiliser un floculant ou un clarifiant pour accélérer le résultat
Quand l’eau reste trouble malgré un traitement bien mené, le floculant devient un bon accélérateur. Son rôle est d’agglomérer les fines particules en suspension. Algues mortes, poussières — en amas plus gros que le filtre peut enfin retenir.
En pratique, on l’utilise sous forme de pastille dans le panier du skimmer ou de cartouche placée directement dans le préfiltre, selon le format acheté. Laissez la filtration tourner normalement pendant son action, le filtre fait le reste du travail en quelques heures.
Le clarifiant, lui, agit différemment : il ne forme pas d’amas, il rend simplement les particules plus faciles à capter par le média filtrant. Les deux produits ne se substituent pas au traitement choc, ils interviennent après, pour finir le travail visuellement.
Prévenir le retour de l’eau verte
Une fois l’eau redevenue limpide, l’objectif est de ne pas revivre le même épisode trois semaines plus tard. Un contrôle régulier du pH et du TAC, une à deux fois par semaine en pleine saison, évite la dérive qui ouvre la porte aux algues.
L’entretien hebdomadaire de la filtration — nettoyage des paniers, vérification de la pression du filtre, temps de filtration adapté à la température de l’eau — reste le geste le plus rentable pour éviter tout le reste.
Enfin, un traitement anti-algues préventif en tout début de saison, avant même les premières chaleurs, limite fortement le risque d’un épisode d’eau verte. C’est une routine simple qui évite bien des week-ends passés à brosser le fond du bassin.



